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Ballade de taverne
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Il y a fort longtemps, au printemps des absents…
Une noble quête, un noble chevalier…
Chevalier blanc, tueur de Géant, un grand de son temps…
Une Hydre assoiffée, de sang s’abreuvait…

Le pouilleux, le pleutre et la putain,
Tout trois vinrent trouver le Grand Roi.
Agacé par tant de misère, il s’arrosa de vin…
Le noble, le Grand, jeune chevalier de Foi !
Ne pouvait accepter tant de peine en ces terres…
Accablant le Grand Roi de reproches acérés
Il se vit insulté, cravaché pour ses grossièretés…
Révulsé, déchiré, abîmé par ses pairs,
Le jeune guerrier rejoignit les trois âmes en peine…

Son épée effilée, affuté, affilé, battait son flanc au rythme du Galop…
Seul il avançait dans le froid… Le vent, la grêle martelaient son armure.
Fidèle Destrier, affuté, effilé, jamais ne se plaignait, fier et beau…
Trois jours et Trois nuits, il courut sans relâche, guidé par la bravoure...
Arrivé au village ravagé… « Fidèle Destrier, tu fus mon seul ami…
Tu t’es sacrifié par ma fierté… Ma vanité est bien vaine… » Ainsi
Se lamenta le jeune Héro… Ravalant ses larmes il se dressa,
Prêt à affronter le démon du feu, Potentat.

Hurlant à la lune sa rage et sa haine, le Grand, le Blanc…
Hurlant son nom aux dieux eux même, le Grand, le Blanc…
Le Blanc manteau au vent, brandit son glaive face au Titan…
Ecrasé, broyé et molesté, incapable, le Grand, le Blanc…
Qui voulait de Gloire et de Bravoure se recouvrir,
Ne se vit que mort et souffrance offrir.
Ainsi vit l’histoire du Grand, du Blanc…
Qui n’était pas si Grand, mais qui était bien Gland.

Poête inconnu.
Le récit des origines - Tome I
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De bien des détours et de l’oubli, souvent l’histoire s’accommode. Bien souvent aussi, elle trouve en le coquin et le futé chroniqueur affable et fidèle compagnon. Et il est de ces temps où la civilisation recule et l’âge des ténèbres à nouveau refait surface. Culture, mœurs, respect et justice, tous régressent et ainsi en va-t-il des traditions qui se perdent en même temps que le vraies valeurs, favorisant la naissance de légendes parfois fort usurpées.

Aujourd‘hui le soleil de printemps éclaire ma plume de brillants rayons pénétrant par la fenêtre entrouverte de ma bâtisse fraichement construite. Le temps a passé et il est désormais temps de vous relater ces faits et ce sans concession, de privilégier la vérité car déjà, de tous côtés de farfelus propos commencent à naître.

C’est avec émotion que je commence ce récit en ayant en tête qu’il s’agit surement du premier depuis l’exode, La Chute comme nos prédécesseurs l’ont appelé en 624. Qu’est-il en effet arrivé aux premiers exilés, livrés à eux même, sans organisation ni hiérarchie, sans meneurs, certains membres des cultes se retrouvant parfois pêle-mêle dans la même contrée? Que dire… que dire sur les pires heures de notre civilisation ?

Pour comprendre cela il faut revenir aux bases même de notre civilisation.

Eirik, l’élu fut le premier à unifier les tribus Tvangiennes qui vivaient alors dans une anarchie relative où la violence était beaucoup trop présente. Eirik unifia et sut calmer ces tribus, il utilisa un culte pour régir tout cela, le culte de Regel emplie de hiérarchie, d’ordre et de justice. A sa mort il divisa son royaume entre ses fils et se fut sa plus grande erreur. La division, nous n’avons pas fini d’y revenir. Dès la mort d’Eirik la division s’empara de l’empire, entre les deux cultes mais aussi entre les cinq frères. Etais-ce d’ailleurs vraiment un hasard que le nombre de fils d’Eirik correspondent au nombre des dieux du panthéon d’Answald ?

Quoiqu’il en soit, la division entraina la guerre … et la mort. C’est en ce contexte qu’apparurent de nouveaux cultes, ceux de Mynt sur les bords de l’Indälsalven, celui de Jarta à l’ouest de l’empire dans les régions les plus agricoles et celui d’Hemlich. Nouvelles divisions que ne tardèrent pas à entrainer … de nouvelles guerres. Les conflits durèrent des décennies entières émaillées de paix ne tenant jamais longtemps. C’est en ce contexte qu’apparurent les fils de la nature et leur culte. Sauf que cette fois-ci, ces hommes étaient des étrangers qui étaient là pour détruire notre civilisation, totalement imperméables à nos préceptes.

Même alors nous ne réussîmes à nous rassembler. Ce ne fut que lorsque les fils de la nature attaquèrent nos villes et menacèrent de renverser notre monde qu’on se décida enfin à s’allier les uns aux autres. Mais il était trop tard, les fils de la nature avaient eu trop de temps pour s’implanter sur le continent et certes, nous parvînmes à gagner quelques décennies ainsi, mais notre entente n’était pas assez grande et puis … il était trop tard … trop tard…

Alors nous partîmes tels des chiens, la rage au ventre, le cœur plein d’angoisse, la tête emplie de tristesse. Il fallut plusieurs mois à certains pour toucher les côtes du nouveau continent et alors commença la plus grande gabegie que nous pûmes connaitre. Jusqu’alors la mésentente et la division avaient été nos credo pour ainsi dire. Dans ce contexte de colonisation et de refondation, livrés à nous même, nous découvrîmes un nouvel avatar de l’anarchie : le manque de meneur. Tous voulurent, à deux, à quatre ou plus, agirent à leur guise, les fins moralisateurs se révélèrent plus nombreux que les bras forts pour bâtir ou les esprits clairvoyant pour ordonner un minimum.

C’était à qui aller faire le plus n’importe quoi et le plus vite, qui allait imposer SA façon de faire, son autorité. Complètement désorganisés certains moururent de la plus bête de façon, qui en voulant nager fut emporté par le courant, qui voulant aller explorer pour trouver son eldorado ni trouva que la mort sous les griffes d’une bête sauvage. D’autres encore préfèrent se suicider devant l’incroyable anarchie, le tumulte des paroles disant tout et son contraire, bref, l’impossibilité pour nous de renaitre, le désespoir les emporta. A cela il faut ajouter un détournement total de dieux, beaucoup arrêtèrent de prier, ce qui facilita nombre de sucides, alors que dans un moment comme celui-ci il aurait fallu au contraire prier avec plus de ferveur encore. C’est de ces diverses manières que mourut une bonne moitié des exilés.

Malgré tout cela, peu à peu, trois communautés virent le jour, où, bien vite les antagonismes entre dieux virent se greffer aux problèmes déjà innombrables. Mais là encore, revint très vite l’anarchie alors que les partisans d’Hemlich s’en donnaient à cœur joie. Entre membres du même culte on commença même à s’assassiner pour s’approprier le bien de son voisin. C’était aussi des pertes de temps sans fin au sujet de qui ferait quoi, on bâtissait de manière totalement anarchique, on continuait à faire tout et son contraire. C’est ainsi qu’on parvint même à se diviser entre membres du même culte alors que nous étions de moins en moins. Dans cette cacophonie, même la voie des plus sages n’arrivait plus à se faire entendre et de plus en plus on se détournait des dieux. Nous n’étions plus rien, l’ombre de nous même. Méritions nous vraiment de toujours porter le nom d’humain alors que des concepts comme l’écoute de l’autre, le respect, la foi, l’humilité nous devenez complètement inconnus ? C’est alors que survint… la malédiction.

Quelle en fut sa source ?
Une punition du grand dieu ?
Une épreuve pour nous rendre meilleur ?
Etais-ce l’apparition d’un nouveau culte profitant de notre faiblesse et celle de notre dieu ?

Le propos n’est pas là dans ce récit.

Le fait est qu’une brume recouvrit tout le nouveau continent et qu’elle dure encore à l’heure où je vous parle. Au milieu de cette brume, les peuples durent se remettre en route et peu à peu tous se rassemblèrent … et s’entretuèrent. En effet la rencontre des trois communautés ne fut pas sans heurts et pertes humaines. Nous étions de moins en moins nombreux, un quart des exilés tout au plus.

L’anarchie continua de plus bel, différents groupes furent constitués, cultes mélangés cette fois, tous n’en faisant qu’à leur tête. Les rescapés arrivèrent en une citadelle, cœur de cette contrée complètement maudite où planait une ombre inquiétante se jouant des plus faibles comme nous ne tarderons pas à le voir.

A l’intérieur de la citadelle en ruine aux murs éventrés par une hache cyclopéenne, la division fut à son paroxysme, chacun arpentant pour son compte ses couloirs déserts, certains y trouvant la mort en tombant dans des pièges cachés. Le rejet des dieux chez beaucoup était total, même les plus fervents croyants furent ébranlés de ce qu’ils avaient vécut et vécurent alors. Dans les souterrains de cette citadelle vivait alors un Viel ermite complètement fou d’avoir vécut le terrible combat qui s’était déroulé en la citadelle, mais plus encore, d’avoir subi le silence pendant toutes ces années. Seul rescapé, le mage se construisit son monde et son culte … à lui. Il fit miroiter aux yeux des plus faibles la levée de la malédiction, la fin de tous leurs tourments ainsi que la promesse de terres nouvelles et prospères si ces derniers reconnaissait son dieu, Halvor… et lui-même, son grand prêtre. Le mage avait quelques savoirs et imposa une épreuve pour désigner ses bras droits, précisément ce qui manquait le plus alors, une hiérarchie, de l’ordre, un chef et plus que tout encore : l’espoir !

Quatre furent nommés ses généraux car ils sortirent victorieux du combat qui les opposa aux mort vivant qu’il invoqua.

Face à ce dénis total des anciens dieux, cette farce entrain de se tramer, de ce pseudo dieu et son prêtre nécromancien, une poignée refusa une autorité de plus en plus brutale qui commença à insidieusement imposer ses préceptes étranges où la liberté de l’individu prenait une grande place, certes, peut-être un peu trop grande car étrange précepte que de ne point réprouver le meurtre et les plus bas instincts. Nous avions tous vu où cela venait de nous mener….

Six, ils furent six à fuir dans les bois et la brume pour faire le point et discuter de la marche à suivre, refusant de toute leur force ce dieu qui n’en était pas un, cette secte sans nom alors que dans le même temps leur fondement religieux propre était complètement chamboulé. C’est donc dans la fange, au creux du gouffre que nous sûmes réagir. Par un heureux hasard il se trouva de toutes les anciennes religions en ce groupe, les Tvangiens étant un peu plus nombreux … là aussi, heureux hasard nous le verrons. Tous prièrent donc de longues heures et furent rassérénés dans leur choix, dès lors leur situation leur paraissait plus claire, et il fut décidé à l’unanimité, la partisane de Jartä n’offrit pas l’ombre d’une résistance, de se battre pour survivre. Mis dos au mur les sectaires ne nous avaient laissé d’autre choix.


Les Tvangiens assistés du Regel et du Myntien menèrent ce terrible combat qui se déroula dans les souterrains de la citadelle. Les dirigeants du nouveau culte furent littéralement mis en pièces par les Tvangiens, un rude combattant et une mage, qui puisèrent dans leur foi et leur culte sans se poser de question, vivre ou disparaître, le choix était tout fait. Les autres se chargèrent de rassembler les plus indécis ou d’éliminer les sectaires les plus faibles et isolés. La majorité d’entre eux périrent ainsi, amenuisant encore le nombre des exilés. Le vieux nécromancien fou prit la fuite tout en désignant un passage secret à son plus fidèle bras droit. Terrible ironie et véritable farce car le nouveau monde ne se situait qu’à quelques pierres branlantes et un passage caverneux dissimulé de là. En vérité, terrible ironie oui, car voilà sur quoi repose les fondements de certaines croyances et comment l’homme peut se faire mener par le bout du nez lorsqu’il est au fond du gouffre et n’a plus ses repères.

Seuls ceux ayant la foi, ceux ayant la ténacité et une âme de fer purent sortirent de cet enfer et rebâtir notre civilisation. C’est au fond de la fange qu’a pu renaitre le culte d’Answald, le dieu suprême de notre panthéon, relégué aux oubliettes afin de servir les bas intérêts des servants de ces derniers et leurs visées hégémoniques, ceux ayant depuis longtemps oublié la vraie foi. Maintenant nous n’avons plus qu’un dieu, symbolisant notre réconciliation ainsi que notre sagesse retrouvée et notre humilité. Nous avons su faire taire nos dissensions, nous avons fait des concessions, chacun, et Answald seul sait que certains d’entre nous étaient des extrémistes de leur dieu. Pour autant nous n’oublions pas notre passé ni les « anciens dieux » comme se plait à l’appeler la nouvelle génération, jamais nous ne referons les mêmes erreurs, ce récit est là pour cela, et notre société est basé d’abord sur cela, la cohésion et le respect.

Que vive et prospère Almaria et que jamais les erreurs de passé ne ressurgissent.


AES, prêtresse d’Answald.


En l’année de la fondation d’Almaria en 630, seuls trois des héros fondateurs sont toujours vivants.
Terrible tribut tout de même qu’il fallu payer pour en arriver là.
Le récit des origines - Tome II : une journée comme une autre à Almaria
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Réveil difficile ... une nuit pleine chargée de rêves d'espoirs après une journée d'un rude et laborieux travail … une journée comme les autres à Almaria. La jeune femme s'assit sur le lit en se frottant les yeux, ses long cheveux blonds presque blancs lui recouvrant pour l'heure partiellement le visage. Après un court instant où l'on hésite entre la tentation d'une paillasse encore tiède et le vain espoir d'une grasse matinée, la jeune femme jeta un bref regard sur l'autre moitié de la paillasse, vide.

Son compagnon ne reviendrait pas avant tard ce soir, une grande expédition avait été décidé et les hommes étaient partis abattre du bois pour les nombreux chantiers en cours en ville. Anna visionna mentalement leur trajet qu'elle connaissait si bien pour avoir elle même cartographiée la contrée. D'abord le bois des épineux par lequel ils ne manqueraient pas de repasser au retour pour se fournir en branchages, puis le bois de chenu, beaucoup plus au sud. C'est là qu'il avaient du camper hier soir.

Repoussant mentalement un dernier espoir de fainéantise, la jeune femme fronça les sourcils, furieuse de trouver encore chez elle de telles réminiscences de faiblesse. Il y avait tant à faire et la journée serait excitante... comme toutes les autres. Anna se mit enfin debout et tout en se peignant parcouru du regard la petite cabane qu'elle avait bâtit avec son compagnon. Oh ca n'avait pas été bien difficile pour elle, c'était elle l'architecte de la ville, et elle avait su faire d'utiles économies de ressources et d'espace. Pas comme ce benêt qui avait voulu lui même construire … sa maison en plus … Rien que d'y repenser, Anna se remit en colère toute seule en se regardant dans la glace. Ah il avait été servi … une laideur sans pareil, une forme … cette chose pouvait elle mériter le titre de maison … bref une abomination sans nom couteuse en précieuse ressources. Il ne l'avait jamais habité de toute façon, mort sous la lame des incroyants errant sans but dans les bois.


Anna secoua sa tête sur le côté pour chasser ces pensées tout en donnant plus de naturel à sa coiffure. Un regard songeur à sa robe lui fit penser comme chaque matin qu'il était plus que temps de la changer mais cela était impossible jusqu'à il y a peu. Mais l'atelier de tissage avait été achevé juste hier et d'ici peu, oui d'ici peu elle aurait une belle robe. Oh! Belle... rien n'était moins sur, elle serait surement bien rêche, en fibres végétales, mais ca serait tout de même préférable à cette loque qu'elle trainait depuis maintenant presque quatre ans ! Et ces sandales... en lambeaux ...il serait bien temps d'en confectionner dans cette belle peau d'ours que son compagnon et elle avait chassé sur une bête de jolie taille. Encore faudrait il pour cela commencer le chantier de la tannerie … c'est la réflexion que se fit Anna en fermant la porte de l'humble cabane.

On vivait chichement ici, c'est le temps de la colonisation, de la refondation et personne ne se plaignait des conditions. Tous allaient et abattaient leur tâche sans rechigner, de toute façon … c'était ca ou mourir alors le choix était tout fait. Et puis c'était tout de même bien agréable de vivre dans une communauté à taille humaine où tout le monde se connaissait et s'appréciait. Bien sur il y avait des coup de gueule, bon c'est vrai ca venait essentiellement d'elle même … mais non, ca n'était pas possible de voir de telles aberrations, cette maison hideuse … faite à la va vite … grrrr Ou bien encore un tire au flanc, ah ca non! On était tous sur un pied d'égalité, il fallait que tout le monde y mette du sien, même un minimum, même symboliquement.

La jeune femme s'engagea sur le sentier boueux où l'on avait disposé de longues planches afin de ne point trop s'enfoncer dans la boue. Il est vrai que les aller et venues nécessitées par les chantiers avaient fortement dégradé le sol. Mais ca n'était pas grave, Anna avait déjà lancé le projet d'empavement de la place du village et une partie permettait déjà de la traverser sans être toute crottée. Elle salua son jeune compatriote en traversant ladite place, une jeune forgeron qu'elle avait connu adolescent et qui avait vécu toutes les heures de la colonisation. Ce dernier était entrain d'ouvrir son échoppe tout en zigzaguant entre les échafaudages en bois débordant de la façade de ce qui serait l'auberge. Tout doucement on avait commencé à décorer la ville, car maintenant elle avait largement la taille d'un gros village. D'ici à une grosse semaine se serait la grande cérémonie coïncidant avec la fondation de la ville.

On mettrait des pétales de fleurs un peu partout et on se gaverait de fruits tropicaux bien juteux ainsi que de baies sauvages récoltées dans les bois environnants. Il était prévu un énorme banquet où viendrait même les gens de la citadelle, mais avant cela il y aurait la cérémonie. Il y a tant de choses à faire dans cette cérémonie, tant de belles choses, émouvantes surtout. D'abord la consécration de l'autel d'Answald bientôt achevé et le rite d'hommage pour la fondation de la ville. Ensuite, la nomination officiel du grand prêtre d'Answald ainsi que de tous les autres prêtres à sa suite. Anna était aussi prêtresse aussi serait elle du défilé ce qui l'excitait au plus haut point. Puis l'intégration définitive des nouveaux venus et de ceux, incroyants jusqu'alors, voulant jurer leur fidélité à Answald devant le tout nouveau grand prêtre. Et après, peut-être … ce serait … son mariage... enfin ca, ca n'était pas encore complétement arrêté.

La jeune architecte gravit la courte pente boueuse menant à la place de la ville haute en jetant un dernier regard haineux à l'endroit où aurait du se dresser « l'abomination ». Pour l'heure la place était entièrement vide de bâtiments, on en commençait juste à araser les pierres les plus coupantes.
Mais ici d'ici peu se dresserait la bibliothèque, là le grand temple, les bâtiments publics et surement un tout nouveau quartier d'habitation. Anna travailla ensuite deux bonnes heures sur la place en divers calculs et arpentages. Elle profita de cette radieuse matinée pour abattre le retard de travail qu'elle avait accumulé à cause du chantier de l'auberge, qui avait largement dépassé en couts son devis. C'était bien la première fois...

Le soleil commençait à taper dur à mesure que la matinée s'avançait et derrière l'Answaldienne les montagnes grises ne semblaient vraiment pas prêtes à lui prêter main forte. Mais bientôt un vagissement surgit au loin, plus bas, venant de la place centrale. Bon sang, ca allait en se rapprochant. Une silhouette ne tarda pas à se découper à l'autre bout de la place et une des consœurs d'Anna fondit sur elle à pleine vitesse continuant à crier à plein poumon son nom.

« ANNAAAAAAAAAaaaaaaaAAAAAAaaaa »

Un peu blasée et surtout ennuyée par les beuglements, ladite Anna se contenta d'un vague:

« Oui? »

« On a besoin de toi!! »

« Mmmoui, comme d'habitude quoi... quel est le problème? »

« C'est un GROS problème, oui oui un gros problème, il est très gros, il est énoOOOOoorme! »

« Quoi? Ghormil a encore voulu utiliser sa tête pour confectionner un bélier? »

« NON! Mais c'est Ghormil! »

« Quoi? Quoi Ghormil? »

« Il a bu toute notre réserve de cervoise, celle qu'il venait juste de brasser hier!

« Oh mon dieu ... mais il est à peine dix heure!»

Dit Anna en soulevant son jupon pour courir plus vite.

«Et le banquet qui est dans une semaine... ah le sacripan, il va se prendre une sacrée soufflante celui la... »

Se dit Anna en courant de plus en plus vite à mesure qu'une énième colère lui montait au nez.
Dans les grottes
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Nombre d'entre vous savent que des gens habitent dans des grottes, certains d'entre vous les ont vus même, ces quelques énergumènes. Mais savez-vous réellement qui ils sont et comment ils en sont arrivés là? Voici l'histoire que je viens vous conter mes amis.

Tout commence à l'époque où tous les clans réfugiés se trouvèrent bannis par les dieux, punis par une brume les privant d'une lumière vitale, les cloitrant entre les murs d'une citadelle à l'abandon. Pendant un temps les rangs se resserrèrent dans le but de travailler ensemble mais, bien vite, chacun repartis de son idée, de son envie et de son idéologie. Les dieux les avaient abandonné mais pour autant les croyances de chacun restaient bien vivaces, attisant nombre de tensions même si certains avait abandonné leur dieu il y a bien longtemps.
Deux Tvangiens déjà étaient descendus dans le sous-sol de citadelle, une magicienne et un guerrier, dans le but de cartographier précisément l'endroit. Mais ils tardaient depuis plusieurs jours maintenant. Deux autres guerriers de Tvang décidèrent alors qu'il était temps d'aller les chercher.
Le premier est un géant de près de deux mètres, son tour de taille vaut bien celui de deux hommes adultes et ses bras équivalent aux cuisses d'un obèse. Ses cheveux hirsutes et son visage rude lui ont souvent valu d'être pris pour une bête. Le second, concédant une dizaine de centimètres à son compagnon, a un physique affuté par le métier de la guerre. S’il impressionne moins au premier abord, sa maîtrise de la lame n'en est pas moins reconnue.
Ainsi les deux hommes descendirent les escaliers de la citadelle.

Ils en connaissaient déjà la plus grosse part, ayant fait partie de l'expédition ayant du tuer goules et autres morts-vivants. Mais cette fois-ci, ils en explorent le moindre recoin, sans trouver la moindre trace de leurs amis et encore moins celles de ce qui aurait pu les faire disparaître.
Après un long temps d'errance, ils finissent par se mettre en quête d'un passage secret, dissimulé quelque part dans les murs et qui expliquerait une telle disparition. L'intuition ne met pas longtemps à se vérifier et les deux hommes découvrirent un passage jusque là inconnu. Ce passage allait les mener à ce qu'ils prirent un moment pour la solution à leur damnation.

Avançant dans ces couloirs puant la moisissure et le renfermé, les deux guerriers finirent par découvrir une immense salle au milieu de laquelle était un trône sur lequel s'excitait un terrible homme vêtu de noir. Leurs amis étaient là, priant à genoux un dieu au nom inconnu: Halvor.
Le prêtre leur annonce qu'en priant Halvor, cela lui donnera suffisamment de force pour faire disparaître la brume. Que cette religion ne dépend que d'eux, qu'aucun commandement ne leur sera imposé.
Les deux hommes ne croient plus réellement en Tvang depuis un moment. Et puis si cet homme dit vrai, se convertir sauverait le reste du groupe, alors sûrement comprendraient-ils. Ainsi les deux guerriers devinrent la force armée d'Halvor. Passant milles épreuves face à des monstres pour prouver leur valeur au combat. Mais vint le moment où ils durent aller parler de cette religion à ceux restés à la surface. Le prêtre ordonna que ceux qui refusaient de se convertir soient tués. Ses ouailles s'y refusèrent. Ils montèrent à la surface en espérant pouvoir expliquer le tout sans effusion de sang. Mais un vieillard était là, prônant le danger représenté par Halvor.
Bien vite les débats s'enflamment, les guerriers ne se font pas orateurs de valeur et la tension monte. Si le géant perd l'esprit, le second s'acharne, essaie de mieux comprendre Halvor auprès du prêtre pour mieux prêcher.
Les réprimandes et bagarres se font de plus en plus nombreuses pour les deux guerriers.

Arrive un jour où, d'un commun accord, les deux hommes décident de renier Halvor, qui ne leur apporte rien que la tyrannie. Malheureusement pour eux, c'est le même moment, choisi par les adeptes d'answald pour une expédition punitive. Sans qu'ils aient le temps de dire quoique ce soit, les deux guerriers se font tuer sans plus de procès.

Ici aurait pu se terminer leur histoire, mais pourtant, il faut croire qu'il existe un passage même pour ceux qui ne croient plus en aucune forme de déité. Car les deux hommes, croyez-le car je l'ai vu, sont revenus d'entre les morts!

Au moment même où la vie les quittait, leurs corps furent soustraits à la vue de tous, et transporté en un lieu intemporel. Là, les Dieux réveillèrent leurs esprits endormis et les réintégrèrent dans leurs enveloppes charnelles. Commença alors pour les deux hommes une longue errance dans l’entre-deux mondes. Ils avaient quitté les terres mortelles mais ne pouvaient pour autant accéder au Royaume Divin, car de part leurs actions ils s’étaient éloignés des Puissants. Et ces derniers les mirent à l’épreuve, dessinant pour eux un enchevêtrement de lieux semblables, semblant n’avoir nulle fin. Et toujours cette même lueur loin devant eux, qui les attirait irrémédiablement et se jouait d’eux en leur faisant miroiter une sortie inexistante. Ce fut leur plus âpre combat, car c’était une lutte de l’esprit, et pour ces hommes plus habitués au maniement des armes qu’aux luttes mentales, la tâche était rude.

Mais ils finirent pas triompher, et réintégrèrent les terres de ce monde, épuisés et nus, au milieu d'une forêt infestée de loups. Bien vite ils en sortirent mais, avant de revenir à la citadelle, ils prirent le temps de réfléchir à leur situation. Leur conclusion fut simple: à présent, cela serait eux contre tous car ils se savaient chassés par Answald. Et ceux d'Halvor voudraient se venger de leur désertion. Ils marchèrent alors sur la citadelle forts de ces raisonnements.

Quelle ne fût pas leur surprise, lorsqu'ils découvrirent l'endroit quasiment vide. Ils trouvèrent armes et vêtement au hasard de leurs fouilles et recherches, mais aucun être vivant. Jusqu'au moment où ils entrèrent dans le souterrain secret. Ils découvrirent alors un des magiciens, attendant contre le mur. Celui-ci leur appris qu'il avait découvert un passage magique vers un nouveau monde, qu'il y faisait passer tout ceux qui le désiraient. La tentation fut grande pour les deux hommes de traverser à la découverte de ce nouvel endroit, mais leur raison les rappela à l'ordre: pourquoi traverser pour risquer de se faire tuer à chaque instant, alors qu'ici existe un lieu, damné certes, mais où ils pourraient vivre tranquilles.
Les deux guerriers décidèrent donc de rester vivre dans la citadelle, loin de tous ceux qu'ils avaient connus et même aimés et qui les chassaient à présent.

Alors ils se mirent en quête de l'endroit le plus simple à surveiller et à bloquer pour se protéger. L'idée leur apparu toute simple: les grottes. Celles où, même eux qui les avaient cartographiées se perdaient, voilà l'endroit idéal pour se bâtir un chez-soi. Les deux hommes commencèrent donc un vaste chantier. D'abord ils montèrent une forge au plus près du filon de minerai avec les matériaux de celle de la surface qu'ils détruisirent. Ensuite ils forgèrent une serrure inviolable et construisirent une porte de pierre, lourde et infranchissable sans clé. Enfin leur but était atteint: ils s'étaient coupés de tout et de tous, vivant ensemble le plus sereinement du monde, tentant des cultures, s'exerçant aux armes.
Un long temps passa ainsi, jusqu'au jour où une émissaire, celle-là même qui les abattu, vint frapper à leur porte. Ce fût un choc pour les deux hommes. Mais ceux-ci avaient décidé de tirer un trait sur leur passé, aussi lui ouvrirent-ils pour découvrir que le nouveau monde avait besoin d'eux, de leurs ressources. Ainsi commercèrent leurs voyages commerciaux dans le nouveau monde. Et c'est ainsi que les nouveaux arrivants connaissent ces deux hommes, deux commerçant, proposant leurs marchandises, nourriture ou produits de la forge.

Aujourd'hui, d'autres les ont rejoins. Ils ne sont pas moins qu'une poignée, mais leur groupe grandit quand même, ceux qui ne trouvent leur place nulle part finissent souvent chez eux. Il se dit même qu'un enfant doit naître. Mais cela est une histoire, qu'un autre saura sûrement mieux vous conter que moi.