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Chronique contemporaine - An 636
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Beaucoup de choses se sont passées mon fils, oui beaucoup

Tu vois maintenant, tu es devenu un Homme, un vrai combattant, un fier guerrier viking.

Tu vas pouvoir enfin sortir de chez toi, parcourir les terres, et il est bon que je te donne mon regard sur cette île.

 

Tu as de la chance de pouvoir vivre dans de belles cités.

Regarde Almaria, cette cité de pierre, la plus ancienne. Aujourd'hui on y trouve toutes sortes de commerces, des maisons et même un temple à la gloire du panthéon d'Answald.

 

Tout ça est le fruit du travail de beaucoup d'hommes et de femmes bien avant que tu naisses.

On dit que la cité est dirigée par un Jarl guerrier qui a de la poigne et sait se faire respecter.

Un guerrier vétéran du nom de Skeggi qui a combattu contre le culte d'Halvor dans sa jeunesse.

 

Et Seppa, elle s'est bien relevée depuis le dernier assaut des fils de la nature.

Chose surprenante elle est dirigée par une femme, Eskil, une fervente de Mynt, avec un foutu caractère mais qui développe bien la cité, lui donnant un caractère plus commercial. Toutes les religions y sont les bienvenues.

La communauté a des commerces qui fonctionnent bien et des vikings qui s’attellent aux tâches courantes.

 

Le vieil homme regarde au loin

 

Regarde cette nature vers l'ouest, elle s'étend à perte de vue.

J'ai appris qu'un clan s'y était installé. Un explorateur me semble t'il du nom de Asgard a ouvert la voie sur cette terre encore vierge de colons.  Il y est avec une Halvorienne, une rousse plutôt farouche, Vigdis..oui ce doit être ça. Depuis je ne sais pas trop combien ils sont ni où ils en sont de leur conquête de l'ouest. 

 

Il posa un silence et regarda vers le Nord, par delà les montagnes

 

Alors là bas... oui derrière les montagne, j'ai entendu parler d'un clan de brutes épaisses..

Je n'ai jamais eu de contact avec mais il paraît que l'expédition qui est allée là bas en est revenu épuisée et blessée. J'ai entendu que le Jarl était un colosse de muscle et qu'il vivait avec ses frères dans la nature. Une nature d'ailleurs bien plus hostile que celle des terres du sud.

 

Un petit conseil, petit, attend encore un peu avant de t'y aventurer et n'y va pas seul..

 

Il entendit la dernière question de son fils et il se mit à rire !

 

Tu rigoles ! Les fils de la nature, du passé ?

Regarde la nature autour de toi.. tu trouves ça normal de te faire attaquer par des lapins ou autres animaux de taille incroyable, des bêtes enragées ?

Pfff oui les fils de la nature sont là.. oui nous devons rester vigilants.

C'est pour ça que je ne t'ai pas autorisé à sortir du village tant que tu ne savais pas un minimum te défendre, mon fils !

Et puis...il y a des choses bien plus graves qui nous dépassent.

Tout le monde se souvient de ce mage fou entouré de feu qui a faillit tuer des Varègues qui passaient par là.

Un mage de Gaïa disait-on ! Seule la puissance divine, les prières et l'action de tous avaient réussi à en venir à bout.

 

Mais bon... fort heureusement nous n'avons pas ça tous les jours... Des rumeurs disent que s'il est apparut ce n'est pas non plus par hasard...que ce serait une erreur d'un mage qui tentait une expérience.

 

Enfin sache que tu dois prier oui, garder la même foi que moi et la vivre pleinement, prier avec tes mots à toi, ceux qui naissent dans ton cœur, dans ta colère, ta douleur ou ta paix intérieure.


Ce n'est pas parce que tu aimes le fer que tu dois en oublier de remercier celui qui t'aide à le porter !

 

Le vieil homme mit une bonne tape sur l'épaule de son fils devenu grand et rit aux éclats.

 

A toi maintenant de vivre... et j'espère qu'un jour tu pourras raconter à tes enfants ce qu'est devenue l'île depuis l'exode.

La chute
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L'air était léger et chaud en ce printemps déjà bien installé.
Ca n'était pas pour me déplaire... les hivers sont de plus en plus difficiles à passer pour ma vieille carcasse.
Heureusement que j'avais fini ma maison, en pierre, une fierté pour moi mais après tous ces efforts... un moindre mal.
Certes la pierre arrête le vent mais le froid ... dans une moindre mesure.

Je me retournais un instant pour la contempler cette maison, si petite mais qui m'avait couté tant, si dérisoire devant les hautes montagnes se profilant derrière.
Abnégation, entêtement ... stupidité... même maintenant je ne saurai le dire.
Ces troncs taillés, ces gravats charriés, ces pierres taillés.

Un regard sur mes mains suffisait à n'importe qui pour comprendre ce que j'étais devenu.
Moi, humble lettré de Jarta en la belle Gasunde la Blanche, je m'étais mué en carrier, en gueux, ce que vous voulez, poussé par l'instinct de survie.
Aaah... Gasunde quand te reverrai je, quand reverrai je tes blanches murailles et tes pacifiques et souriants habitants.

Mais maintenant, je ne suis que bien peu de chose.
Tous sont morts.
Mes amis, mes chers amis, je ne les reverrai plus, jamais.
Ma femme, ma si belle Fridehilde aux boucles blondes et au parfum de pain d'épice...

Quelques larmes sur ma joue parcheminée...
C'est bien peu de chose par rapport à ce que je ressens au fond de moi.
C'est plus qu'une douleur.
C'est un traumatisme insurmontable, c'est la nuit, pendant toutes ces années ces bouffées d'angoisse...et pire que tout...être seul, seul, SEUL!
Et même si l'on existe, si l'on est seul... sans le regard d 'autrui, peut on vraiment prétendre exister!?

Mon regard glissa cette fois-ci au sud, vers les forêts d'épineux puis au delà, la forêt chenue et enfin l'immense plaine invisible depuis l'endroit où j'étais assis.
Comme beaucoup j'avais tout perdu, famille, biens, maison lors de l'attaque des Fils de la Nature sur Gasunde.
Je pense pouvoir dire que nul ne peut se vanter de n'avoir vu quelqu'un mourir sous ses yeux.
Et cela, nul ne pourra le comprendre tant qu'il ne l'aura vécu.

Nul ne pourra comprendre non plus ce que fut ce calvaire, cet enfer que fut le notre.
Oh non... je ne parle pas là de l'attaque... je parle de l'exil et ce que nous avons connu APRES.
Car les dieux nous ont gardé une surprise de taille.
La perte de tout ce que nous connaissions, la perte de notre vie, de notre civilisation n'avait pas suffit.
La faim, la soif, pour certains le cannibalisme durant les traversées en Drakkar.
Avec pour seul but, survivre, vivre, VIVRE à tout prix, peu importe.

Tout était en fait résumé en ces quelques mots.
"A tout prix".
Passé la joie de la découverte d'une nouvelle terre, nous avons tous bien vite déchanté.
Les conflits d'avant ont repris comme jamais, les divisions n'ont jamais été aussi présentes, nous n'avions plus de chefs, de guides.
Le tout était exacerbé par les appétits de puissance, de soif de reconnaissance, d'ambition personnelle.
Nous n'avions plus de civilisation, nous n'avions plus désormais de peuple.
Quand à la religion ... beaucoup ne comprenait pas pourquoi les dieux nous avaient abandonnés face aux fils de la nature.
Certains, simples d'esprit, crurent qu'ils allaient apparaître pour nous sauver jusqu'au dernier moment.

Mais non, les dieux ne sont pas là pour cela.
Les boucheries, les massacres ont repris ... entre nous.
Les cultes se sont recroquevillés sur eux même et sont devenus plus intolérants que jamais, encourageant parfois le massacre.
Et nous avons régressé, régressé, nous nous sommes avilis au rang de bête.
Mais les dieux n'en avaient pas fini avec nous.
Furieux de ce que nous étions devenus, furieux de nous voir incapables saisir notre deuxième chance ... furieux contre leur création, furieux...contre eux mêmes... alors ils nous ont maudit.

La brume est apparue un matin. Opaque et dense, oppressante aussi, certains avaient du mal à respirer, je me souviens... mais c'était dans leur tête.
Et la brume n'est plus jamais partie.
Un jour, deux jours, trois jours.
Une semaine, deux semaines, trois semaines.
Un mois, deux mois ...
Je crois bien pouvoir dire que je suis incapable de situer combien de temps nous sommes rester ainsi.
Plus d'un an, cela est certain, après... comme beaucoup j'ai perdu le compte.
Nous avons erré pendant des jours, isolément ou par petits groupes, certains profitant de la brume pour attaquer et commettre des meurtres.
La méfiance était partout.

Et puis nous sommes tombés et réfugiés en cette sombre citadelle en ruine ... dévastée, comme si les griffes d'un géant l'avait éventré en quelques coups de boutoir.
La citadelle était elle aussi dans la brume, elle était vaste et sombre, emplie de créatures dont je ne veux me souvenir.
Là encore beaucoup périrent en voulant en extirper le mal pour tenter d'y vivre.
Nous y avions d'ailleurs réussi, mais nous ne savions ce qui se tapissait dans l'ombre d'une crypte humide et moisissante: la désunion à l'état le plus pure.
Nous croyons avoir sombré, et bien non!
Nous allions encore tomber plus bas.

Dans cet antre se tapissait un nouveau dieu qui attendait patiemment son heure.
Seul et omnipotent ... nouveau, il proposait des réponses là où beaucoup n'en avaient plus.
Ils proposait la paix, il proposait l'union, sous son égide.
Il nous parlait de liberté par l'entremise de son envoyé sur terre, il nous parlait d'accomplissement de soi, de liberté absolue.
Il nous parlait d'un nouveau monde qu'il nous ouvrirait, de cette malédiction qu'il lèverait.
Il était temps pour nous de raffermir nos âmes de pêcheurs, il était temps pour nous de tourner la page, de croire en lui et de le prier.

Je dois bien dire en tout honneur que moi même fut conquis par ce culte mais je gardais un peu de méfiance tout de même... j'en avais tellement vu...
Certaines âmes naïves se ruèrent vers ces réponses, d'autres y trouvèrent arrangements pour avoir une position, d'autre y découvrir tout simplement leur dogme, celui qu'il leur fallait.
D'autres enfin, renièrent de toutes leurs forces ce dieu et alors leur foi devint plus forte vers les anciens dieux.
Et nous nous entredéchirâmes alors comme jamais car c'est là que commença la troisième guerre sainte où moururent tant d'Halvors.
Quand aux causes, on pourra tout dire la dessus, il n'y en a qu'une seule, et je vais vous la dire: elles étaient partagées!
Ce qui est à la source de cela, c'est l'égoïsme, le manque d'humilité, la faculté qu'a l'humain de ne pas écouter son prochain.

Finalement nous sortîmes de ce nouvel et énième enfer.
Nous ne summes jamais qui nous ouvrit la voie des nouvelles terres.
Halvor tint il sa promesse au final?
Les dieux prirent ils peur de ce nouveau venu rivalisant avec eux directement?
Ou bien nous ouvrirent ils, trop lassés par nous et nous atrocités?
Ou bien encore nous trouvâmes nous mêmes cette sortie comme le disent certains troglodytes...

Toujours est il que la vie fut pour la première fois depuis des dizaines d'années presque tranquille.
Quand je dis tranquille ... il faut bien comprendre ce qu'était et est encore cette vie sauvage de colonisation.
Un labeur harassant tous les jours pour construire un village.
Le risque de se faire dévorer par une bête sauvage en pleine forêt ou à la nuit tombée en plein coeur du village.
Le souci de se dire, que vais je manger aujourd'hui?
Et celui encore plus pénible de se demander comment travailler en étant aussi faible!?
Tout fut harassant et long ... mais c'était toujours mieux que d'être maudit.

Il y eu une partition tacite de ce nouveau continent en deux puis trois.
Au sud Seppa Toivo, cité des Halvoriens les premières années qui devint peu à peu repaire de brigands pour finir sous le contrôle relatif des Almariens.
Almaria au Nord, au pied des montagnes, la cité de l'Answald, le lieu où eu lieu la révélation.
Et enfin, dans les souterrains de la citadelle, les troglodytes, vivant coupés du monde et le refusant.
Mais je vous le donne en mille, cela ne pouvait pas durer.

Alors qu'en Almaria Answald se révélait le chaos revint un peu partout.
En Answald cette période d'accalmie permit de faire bien des mises au point.
Answald avait toujours été, seuls les hommes n'avaient su le comprendre et appréhender le message des dieux.
Le panthéon d'Answald était un panthéon uni où ne pouvait régner la discorde entre ses cultes puisque tous les cultes contribuaient à ce grand ensemble qu'est l'Answald au final.
A cela, les prêtres d'alors avait un argument qui finissait toujours par emporter l'assentiment et fit de l'Answald un succès à savoir:
Lorsque le viking prie les dieux, il peut prier un dieu en particulier, mais il peut aussi prier tous les dieux à la fois.
Et en cela, c'était bien la preuve irréfutable que tous les dieux participaient à un plus vaste ensemble celui de l'Answald.
Car en effet, lorsqu'on est Answaldien, on prie au delà des mots, de la ferveur personnel, on prie avant tout pour Answald.
Dès lors on retrouva, complémentaires les unes des autres les anciennes religions réunies, réunies aussi dans l'administration et la composition du clergé.
Enfin l'Answald se préoccupa enfin des plus démunis.
Le culte se renforça donc et, alors que le brigandage connaissait une apogée en nos terres, il se mit à faire l'amalgame entre le brigandage et les Halvors, même si la différence était parfois faible et quitte à faire de dangereux raccourcis.
C'est alors que commença la dernière guerre de religion que nous connurent.

Suite à cela, la paix commença à régner et d'aucun prétendirent que c'étaient les Answaldiens qui avaient fait le ménage, pour le plus grand bonheur de tous.
Quand à moi je ne dirai pas cela et c'est d'ailleurs à cette époque que j'ai décidé de me retirer de ce monde.
Je suis parti vivre dans mes montagnes, construire ma maison.
Et oui, j'ai fini par céder à ce que j'ai toujours le plus condamné... l'égoisme, la solitude.
Je n'en pouvais plus...
Aussi n'ai je pas connu l'attaque des fils de la nature... et oui, ils sont revenus... je les ai vu passer dans un défilé des montagnes que je surplombais.
Mais je sais que si je suis encore vivant, c'est qu'il a du se passer quelque chose sinon ils auraient fini par me trouver et me tuer.
Il a du se passer finalement quelque chose de positif dans ce bourbier qu'est la vie en contrebas... peut-être se sont ils même unis!?
En tout cas, se dut être quelque chose que ce combat...
Quand à moi, c'est bien trop tard depuis des années, je ne reviendrai pas.


Je m'en vais d'ailleurs.
Je ne veux plus vivre seul, je n'en puis plus.
Il est temps pour moi de retrouver ma Fridehilde.

Au revoir petite maison compagne de mes longues discussions de solitaire damné... au revoir.
Et la vie repris son court ... lentement
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Enfin la fin de la plaine, enfin un chemin.

Certes de terre mais c'était toujours préférable à … rien.

Snorre Virtensen posa la charrette à bras qu'il tractait depuis déjà ce qui ferait une journée entière d'ici quelques heures et se retourna pour contempler la plaine baignée par la pluie depuis son départ tôt dans la matinée. Encore un tour pendable d'Hemlich, mais c'était ainsi, tout ne pouvait aller toujours dans le sens où on le voulait.


Le jeune marchand sortit sa gourde en peau de loutre tannée et s'humecta le gosier.

Impossible pour lui de se désaltérer avec autre chose que de l'eau, il était bien trop pauvre pour l'heure.

Mais cela changera, c'était certain.

Les choses allaient mieux depuis la dernière victoire des vikings à Almaria contre les fils de la nature.

Qui ne le savait pas maintenant?


Ça avait vite fait le tour de ce continent et des îles environnantes, vu l'importance de la nouvelle en même temps... les fils de la nature avaient été vaincus dans un combat à la régulière, à force égale qui plus est, par les Almariens et leurs alliés.

Au delà de la victoire, c'est surtout cette unité retrouvée et ce qu'elle avait permis qui avait frappé tout le monde.


Snorre rependit sa gourde à son épaisse et rude ceinture de cuir et se prépara à reprendre la route.

Ça allait déjà être plus facile que le calvaire qu'il avait vécu dans la plaine sans route, mais ca ne s'annonçait pas non plus une partie de plaisir.

Le chemin était en terre et cette dernière depuis le début de la matinée avait largement eu le temps de se gorger d'eau. En substance, le sentier n'était pas loin d'être impraticable.

Heureusement qu'il n'y avait pas grand passage.

Il faut dire qu'en ces temps de colonisation, il y avait peu de vikings partant pour s'aventurer hors des murs des villages.


Il n'y avait certes plus de bandits de grand chemin, sinon Snorre ne se serait certainement pas lancé dans son petit commerce, ca non.

Mais passé le court rayon jouxtant les villages, c'était un monde sauvage dans lequel on s'enfonçait.

A part des expéditions menées en groupe par les villes où des hommes armés veillaient sur les collecteurs afin de ravitailler les chantiers des villes pendant qu'eux mêmes parfois donnaient un coup de main, il était plus que rare de trouver des courageux à partir seul user leurs chausses dans les forêts et les chemins de ce nouveau continent, surtout qu'en plus … on en savait fichtre rien s'il y avait des fils de la nature à se trimbaler encore dans le coin avec pour seul but de vous mettre la tripaille à l'air!


Snorre Virtensen continua son chemin au fil de ses pensées.

Il atteint un important croisement, une croisée d'où partaient plusieurs chemins, signe d'une colonisation croissante et d'une marque de l'homme sur la nature de plus en plus forte.

A ce croisement il prit la direction de l'est, il commençait à bien le connaître ce trajet, il le préférait à celui de l'ouest qui longeait la côte,

En même temps Snorre, en rusé marchand, avait tout de suite réalisé qu'avec les innombrables chantiers dans les villes ceux-ci allaient être très gourmands en bois de chêne.

Très vite donc il mit de côté de quoi s'acheter une petite charrette à bras en participant aux collectes de raisin sur les coteaux de Seppa Toivo.

Une fois qu'il eut mis de côté son petit pécule, il acheta sa charrette sans laquelle il n'aurait pu transporter son précieux bois pour l'amener et le vendre sur le marché naissant d'Almaria.

C'était ici qu'il y avait le plus de chantiers, mais la ville était aussi à bonne distance de la forêt et les habitants avaient tant à faire que le bois de chêne se négociait de manière plutôt intéressante.


C'était ce qu'était entrain de se redire pour la énième fois Snorre en se félicitant de son génie, lorsqu'il s'arrêta net.

Ça avait bougé dans les fourrés là bas!

Son gros bâton ferré renforcé dans les main, il vérifia que sa petite arbalète qui pendait à sa taille était prête à l'emploi avec son carreau déjà encoché.

Il fallait être prêt à tout, rien n'était jamais acquis dans ce monde, et ce qui l'était, et bien il fallait le défendre bec et ongle.

Bon en fait ca n'était surement pas grand chose car le bruit cessa … surement des musaraignes ou des rats... on en voyait de plus en plus ces derniers temps.

On disait même qu'Almaria avait du faire face à une invasion de rongeurs, visiblement l'afflux de naufragés en était la cause, les exilés n'étant pas les seuls voyageurs sur les drakkars.


Tiens!

« SPROCH! »

Ça n'avait pas loupé, un gros rat explosa littéralement sous le coup de bâton de Snorre, répandant sa boudinaille sur le tapis de feuilles en décomposition.

Le marchand se pencha pour ramasser la petite carcasse encore chaude et la jeta dans sa charrette.

Pas de petit profit, il trouverait surement à la revendre à la tannerie de la ville si tant est que cette dernière ait été achevée...


Ça n'est que le lendemain vers midi que Snorre passa sous la grande croix d'Answald qui saluait tout voyageur voulant entrer dans la ville.

Il tomba en plein sur une expédition qui partait en collecte de chêne.

C'était bon signe, cela voulait dire qu'ils en avaient besoin plus que jamais, il arriverait surement à battre son record du dernier chargement.

Snorre s'engagea dans la rue, elle aussi boueuse, qui montait en une courte mais rude pente jusqu'à la place centrale. L'homme banda ses forces et prit son élan pour la gravir avec son chargement.

Du coin de l'œil il nota les remblais constitués des restes de l'ancienne palissade en bois qu'on avait pas encore reconstruite et qui avait tenu bien peu de temps face aux assauts des bêtes des fils de la nature.


Snorre frissonna alors qu'il atteignait une place quasi noire de monde.

Il n'avait pas assisté au combat, partit se joindre aux femmes et vieillards qui avaient fuit dans les bois, mais à chaque fois qu'il passait devant les restes de la palissade il ne pouvait qu'imaginer la violence de l'assaut et des forces surnaturelles qui avaient été à l'œuvre en ce lieu.

Pas étonnant qu'après cela la ville ait été sacrée ville sainte par ses dirigeants.


Une fois sortit de l'entrepôt de négoce en comptant ses pièces il se rendit à l'auberge pour se déguster un bon petit ragout. En songeant à cela, heureux de vivre, heureux d'être là, il se rappela qu'il avait dans sa charrette une bonne bouteille de vin, pas de cette picrate faite à la va vite hein!

Non, une bonne bouteille de vin.

Il commanda son ragout et posa sa bouteille sur sa table ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention de l'aubergiste.

Celui-ci faisait une drôle de tête en revenant le servir.

A tous les coups on allait lui demander de décamper...

Pas du tout.

L'aubergiste lui désigna sa bouteille et lui demanda de sa grosse voix.

« T'es de Seppa mon gars?

Y's dit que ca progresse aussi par chez vous...

Dis moi, ta bouteille ….

T'en aurais pas à vendre?

J'achète 20 pièces le vin ordinaire et le vin de plus de deux ans d'âge 45 pièces. »


Snorre enregistra l'information en se disant qu'à son prochain voyage sa charrette serait déjà nettement moins lourde en étant pleine de bouteilles que de lourds tronçons de chêne... »